Analyse de l'environnement - Ontario : Printemps 2018

Une fois par année, la Direction de l'information sur le marché du travail et socio-économique, région de l'Ontario, de Service Canada prépare une analyse économique et environnementale. Il s'agit d'un rapport qui donne une vue d'ensemble des conditions et des tendances du marché du travail ainsi que des conditions et des tendances démographiques et économiques observées dans la province de l'Ontario. Les analyses environnementales visent à appuyer les opérations régionales de Service Canada en mettant en évidence les pressions possiblement exercées sur la prestation des services et des programmes. Ces analyses pourraient aussi intéresser les personnes qui souhaitent en savoir davantage sur la situation de l'économie ou du marché du travail d'une province ou d'une région donnée. Les faits et les statistiques présentés dans ce document reposent sur les données qui étaient disponibles en date du Fevrier 2018.

POINTS PRINCIPAUX

Aperçu général/contexte économique

  • Le taux de croissance économique à l'échelle mondiale a surpris beaucoup de gens en 2017; la croissance a notamment été plus importante que prévu aux États‑Unis (É.U.) et au Canada.

  • Certaines incertitudes demeurent dans les économies des États-Unis et du Royaume-Uni en raison de la rhétorique protectionniste et du nationalisme soutenus, ainsi que de l'insécurité qui persiste sur les plans stratégique et commercial.

  • Les É.U. – le plus important partenaire commercial externe de l'Ontario – ont terminé 2017 avec un solide taux de croissance de 2,9 %. La croissance enregistrée aux É.‑U. au cours du premier trimestre de 2018 n'a toutefois été que de 1,9 % en raison de la récente incertitude, mais la confiance record des consommateurs, les réductions d'impôt accordées aux sociétés et aux particuliers, et le faible taux de chômage appuient quand même la projection d'un taux de croissance de 2,5 % pour 2018.

  • L'économie canadienne a crû d'environ 3,0 % en 2017, ce qui a permis au pays de se classer bon premier parmi les pays du G7 à ce chapitre. Dans plusieurs provinces, l'économie a rebondi en 2017, et la croissance générale a été soutenue par des dépenses de consommation élevées et un marché immobilier solide. On s'attend à ce que la croissance ralentisse en 2018 et 2019 (à 2,3 % et 2,0 % respectivement).

  • Un risque important pour le Canada est lié à ce qu'il adviendra de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et à la façon dont le pays réagira à la rhétorique protectionniste persistante à l'échelle mondiale. Le dollar canadien s'est renforcé en 2017 et l'on s'attend à ce que ce soit également le cas tout au long de 2018; toutefois, si le dollar canadien augmentait trop par rapport au dollar américain, cela pourrait rendre les exportations canadiennes moins concurrentielles.

  • En 2017, l'économie de l'Ontario a connu une croissance plus rapide que prévu; elle a crû de 2,7 % par rapport à 2016. On s'attend à ce que la croissance ralentisse à 2,0 % en 2018.

Conditions du marché du travail local et provincial

  • L'emploi a augmenté de 1,8 % (128 400 emplois) en Ontario en 2017, marquant ainsi la huitième augmentation annuelle consécutive dans la province à ce chapitre.

  • Le taux de chômage provincial a diminué pour la cinquième année de suite; il est passé à 6,0 %, ce qui représente une baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à l'année dernière.

  • Selon les projections, l'emploi devrait augmenter d'environ 1,3 % en Ontario en 2018, tandis que le taux de chômage provincial, qui s'élevait à 6,5 % en 2017, devrait diminuer et atteindre 5,8 %.

  • L'emploi a crû à la fois dans le secteur des services (114 000 emplois de plus) et dans le secteur de la production de biens (14 500 emplois de plus); la croissance a été particulièrement forte dans les industries des services professionnels, scientifiques et techniques, des soins de santé et de l'assistance sociale, de la fabrication et de la construction.

  • Sur les 11 régions économiques de la province, les 3 régions suivantes ont affiché une diminution de l'emploi : Kingston‑Pembroke (-2,1 %), London (-0,2 %) et Nord‑Est de l'Ontario (-0,9 %).

INTRODUCTION

L'objectif de l'analyse environnementale est de fournir un aperçu des tendances et questions importantes auxquelles sont confrontés le Canada et la région de l'Ontario, et qui influencent actuellement l'environnement social et économique (et qui l'influenceront au cours des prochaines années). Le document, qui est divisé en trois grandes parties, fournit des renseignements à jour et fondés sur des données probantes qui appuient le processus de planification des activités. La première partie du document renferme un aperçu général de la situation économique du Canada et de l'Ontario, ainsi que certains renseignements sur les perspectives d'emploi. La deuxième partie fournit des perspectives sur les marchés du travail provinciaux et locaux. La troisième partie comprend des renseignements, destinés à un usage interne, sur les répercussions sur l'exécution des programmes et la prestation des services.

PARTIE 1 : APERÇU ET CONTEXTE ÉCONOMIQUE

En règle générale, la reprise de l'activité qui a commencé au cours de la deuxième moitié de 2016 s'est poursuivie tout au long de 2017, et l'on s'attend à ce que cela continue en 2018. Le Fonds monétaire international (FMI) a augmenté son estimation de la croissance économique mondiale en 2017 et 2018, en citant à la fois l'expansion plus importante que prévu au cours de la première moitié de 2017 dans la zone euro, au Japon et dans certains marchés émergents (notamment la Chine et la Russie), et la hausse rapide enregistrée dans les marchés boursiers mondiaux au cours de la deuxième moitié de 2017. Après avoir projeté une croissance de 3,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2016, le FMI a augmenté sa projection de la croissance à 3,6 % en 2017 et à 3,7 % en 2018, soit 0,1 % de plus que les projections établies en avril 2017. Même si des économies avancées (dont la zone euro, le Japon et le Canada) ont connu une croissance solide en 2017, le FMI a revu ses projections à la baisse pour les É.‑U. et le Royaume‑Uni, principalement en raison de la grande incertitude qui entoure la situation politique dans les deux pays. Si l'on tient pour acquis que la renégociation de l'ALENA aura un dénouement positif, on peut affirmer qu'une économie américaine forte aura une incidence positive sur les exportations canadiennes, notamment celles de l'industrie de la fabrication en Ontario. Toutefois, les récents événements du différend commercial sur le bois d''uvre, l'imposition de droits (papier journal, acier) et les autres modifications susceptibles d'être apportées dans les politiques commerciales des États‑Unis pourraient changer considérablement les relations commerciales canado‑américaines. En outre, au fur et à mesure que la politique financière et monétaire passe graduellement d'un mode de reprise dans la foulée de la grande récession à un mode plus prudent compte tenu du phénomène des taux de croissance élevés à l'échelle mondiale, on s'attend à ce que la Banque du Canada augmente progressivement les taux d'intérêt afin de suivre le rythme de l'augmentation des taux d'intérêt aux É.‑U., ce qui aura des incidences importantes sur les niveaux d'investissement.

Région Asie‑Pacifique : La temporisation s'impose

En règle générale, les grandes économies de la région Asie‑Pacifique se sont bien portées en 2017, tandis que les économies moins importantes ont connu une croissance mitigée. Dans la région, on a continué de surveiller attentivement le changement structurel s'opérant en Chine, qui passe d'une économie fondée sur les exportations à un modèle axé sur la consommation, ainsi que le ralentissement qui accompagne cette transformation. En 2017, l'économie du Japon a connu une croissance plus rapide que prévu et les autres économies de l'Asie du Sud‑Est ont fait bonne figure en général. En Inde, la croissance de l'économie a ralenti en 2017 en raison des effets prolongés de la politique de démonétisation appliquée par le gouvernement indien; la croissance devrait toutefois rebondir fortement et s'accélérer au cours de l'année 2018.

Dans une perspective régionale plus large, certains événements qui se sont produits dans la région Asie‑Pacifique en 2017 continueront d'influencer le cours des choses. En Chine, la plus importante nouvelle a été la réélection et la consolidation continue du pouvoir entre les mains du président Xi Jinping, ce qui est en phase avec les changements, tant monétaires que politiques, qui s'opèrent actuellement dans ce pays, le plus peuplé au monde. Le Canada prend part à des négociations approfondies et continues entourant un possible accord de libre‑échange avec la Chine; un tel accord aurait des répercussions commerciales considérables pour les deux pays. La Chine représente plus de 12 % des importations de l'Ontario (dont bon nombre sont des biens intermédiaires); seuls les États‑Unis en représentent un pourcentage plus élevé. Elle peut avoir une forte incidence sur un éventail d'industries (particulièrement celle de la fabrication) qui sont importantes pour diverses régions de l'Ontario.

En janvier 2017, les États‑Unis, conformément aux souhaits du nouveau président Trump, se sont retirés du Partenariat transpacifique (PTP). Même si l'absence de la plus grande économie du monde a considérablement réduit l'impact d'un tel accord commercial, le Canada et les 10 autres pays signataires sont parvenus à un nouvel accord (assez semblable) : l'Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). Cet accord commercial est le troisième plus important après l'ALENA et l'Union européenne (UE), et il a des répercussions importantes sur les marchés commerciaux du Canada. Le PTPGP mise également sur la réussite du premier accord commercial que le Canada a conclu avec un pays d'Asie (l'Accord de libre‑échange Canada‑Corée (ALECC) conclu en 2014) et appuie le Canada dans les négociations qu'il mène actuellement avec d'autres pays.

Europe : Macro(n)économie

Dans la zone euro, les conditions économiques se sont améliorées, mais il subsiste des préoccupations concernant la persistance des tensions géopolitiques, les négociations en cours sur le Brexit, et le protectionnisme dans les économies européennes et asiatiques. Le climat politique incertain au sein de trois des plus grandes économies de l'UE (Royaume‑Uni, France et Allemagne) est apparu en 2017, lorsque l'immigration et le rôle de l'UE ont été des facteurs au c'ur des élections dans chaque pays. À l'instar de certains des plus grands partenaires au sein de l'UE, le Canada continue de s'inquiéter de l'impact potentiel sur ses intérêts commerciaux; cependant, tous les changements politiques se sont produits dans des forums légaux et démocratiques, et la zone euro demeure l'une des régions économiques les plus fortes et innovatrices du monde. Après cinq années de reprise modérée, 2017 a vu la croissance européenne s'accélérer à son rythme le plus rapide depuis une décennie. Au début 2017, la Commission européenne (CE) prévoyait une croissance de 1,7 % pour la zone euro, mais elle a revu à la hausse ses prévisions, les portant à 2,2 %. Au‑delà de 2017, la CE prévoit que la zone euro et l'UE connaîtront une croissance de 2,1 % en 2018 et de 1,9 % en 2019.

Après un ralentissement en 2017, principalement attribuable à l'incertitude généralisée entourant le Brexit, les perspectives de l'économie britannique en 2018 ne sont pas trop optimistes, avec des taux de croissance prévus pour 2018 et 2019 de 1,3 % et 1,1 % respectivement. Le Royaume‑Uni représente le deuxième plus important marché d'exportation pour les biens produits en Ontario, comptant pour environ 6 % des exportations de la province. De plus, une proportion de 9,5 % du PIB du secteur de la finance et de l'assurance de l'Ontario est liée au Royaume‑Uni. Les exportations de l'Ontario vers le Royaume‑Uni comprennent également des métaux précieux, des minéraux et des pièces pour l'aérospatiale. Toutefois, les relations commerciales entre l'Ontario et le Royaume‑Uni sont quelque peu faussées, puisque l'or représente 80 % de toutes les exportations vers le Royaume‑Uni (11,2 milliards de dollars d'or ont été exportés vers le Royaume‑Uni en 2016).

L'application provisoire d'un accord commercial entre le Canada et l'UE ' l'Accord économique et commercial global (AECG) ' a commencé le 21 septembre 2017, indiquant que toutes les parties économiquement importantes de l'accord étaient en vigueur. Le mot « global » figure dans le nom de l'accord commercial parce que celui‑ci établit des normes, non seulement au chapitre des tarifs sur les biens, mais également en ce qui concerne les services, les obstacles non tarifaires, l'investissement et l'approvisionnement gouvernemental, ainsi que dans des domaines comme le travail et l'environnement. L'AECG renferme également des parties concernant l'harmonisation du droit de la propriété intellectuelle pharmaceutique et des accords sur la reconnaissance professionnelle. En créant un environnement réglementaire commun, en abaissant les tarifs douaniers et en veillant à ce que les travailleurs soient hautement qualifiés, il est possible d'accroître la coopération et les échanges commerciaux entre l'industrie pharmaceutique de l'Ontario et l'UE.

États‑Unis : Une relation commerciale plus importante que toute autre

Les États‑Unis, le plus important partenaire commercial de l'Ontario (82 % des exportations, 56 % des importations), ont terminé l'année en force avec un taux de croissance du PIB de 2,9 % au dernier trimestre de 2017, dépassant les estimations officielles, qui étaient établies à 2,5 %. Toutefois, ce chiffre a rapidement chuté au premier trimestre de 2018, avec une croissance de seulement 1,9 %. Plus que dans presque tous les autres pays, l'incertitude entourant la politique intérieure et étrangère ainsi que les relations commerciales est susceptible d'entraîner des fluctuations importantes et parfois inattendues dans les comptes économiques, en grande partie en raison de la rhétorique gouvernementale parfois confuse et incertaine. La politique budgétaire devrait contribuer à stabiliser la croissance en 2018, comme en témoignent les réformes fiscales récemment mises en 'uvre pour stimuler l'investissement et la consommation. Même si le chômage devrait chuter à un niveau extrêmement bas de 3,9 % en 2018 et 2019 (en baisse par rapport aux taux de 4,7 % et de 4,1 % enregistrés en 2016 et 2017), une grande partie de cette croissance de l'emploi se situe dans les industries du commerce de détail et des services de restauration, où les salaires sont bas et où l'on embauche principalement des travailleurs à temps partiel.

Aux États‑Unis, l'industrie de la fabrication devrait croître plus rapidement que l'économie en général. La croissance de la production devrait s'élever à 2,8 % en 2018 et à 2,6 % en 2019. Cependant, ces prévisions n'ont pas tenu compte de la promesse du président Trump de rétablir les emplois dans l'industrie de la fabrication, de sorte que les taux de croissance réels, comme d'autres projections pour les États‑Unis, sont encore plus incertains. Les emplois qui connaîtront la croissance la plus rapide seront dans les industries des soins de santé et de l'assistance sociale ainsi que de la construction; les emplois exigeant une maîtrise devraient connaître la croissance la plus rapide, tandis que les emplois exigeant un diplôme d'études secondaires connaîtront la croissance la plus lente.

Après une longue période de faibles taux d'intérêt pour stimuler les dépenses, la Réserve fédérale a progressivement augmenté les taux, les faisant passer de 0,75 % en décembre 2016 à 1,75 % en mars 2018. Même si l'on s'attend à ce qu'elle continue d'augmenter graduellement les taux d'intérêt à mesure que les réformes provoquées par la crise financière s'assouplissent, on s'inquiète des nouvelles répercussions que cela pourrait avoir sur le marché immobilier américain. Comme la Banque du Canada a toujours maintenu des taux assez proches de ceux de la Réserve fédérale, celle‑ci peut servir de guide approximatif pour déterminer la voie à suivre par la Banque du Canada.

Une économie américaine forte est une bonne chose pour l'Ontario. Toutefois, la plus grande préoccupation de l'Ontario est l'incertitude persistante quant à l'avenir de l'ALENA. Malgré de nombreux discours négatifs sur sa structure, des progrès auraient été réalisés dans les négociations à partir d'avril 2018. Les obstacles concernant le secteur de l'automobile et les quotas minimaux de production intérieure seront particulièrement pertinents pour l'Ontario. La renégociation et la modernisation de l'accord commercial permettent de rechercher d'autres convergences réglementaires et ententes sur les règles d'origine. Un accord modernisé comprendrait probablement des dispositions concernant la propriété intellectuelle, ce qui toucherait directement la sous-industrie de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments. Cependant, l'impact le plus immédiat du processus de renégociation de l'ALENA, qui se poursuivra probablement en 2018, est l'effet négatif qu'il aura sur l'investissement partout au pays en raison du climat incertain à cet égard.

Canada : Ton histoire est une épopée, mais tu es endetté

En 2017, le Canada a été le chef de file du G‑7 en matière de croissance, avec une forte hausse du PIB au début de l'année, ce qui s'est traduit par un taux de croissance de 3 %. Toutefois, après un bon départ en 2017, la croissance a ralenti vers la fin de l'année et la tendance devrait se poursuivre; on prévoit des taux de croissance de 1,9 % en 2018 et de 1,6 % en 2019. La croissance rapide de l'économie canadienne en 2017 peut être attribuée aux dépenses de consommation élevées et à l'activité dans l'industrie du logement. Toutefois, les modifications apportées à la réglementation du marché du logement et l'augmentation des taux d'intérêt devraient être les principaux facteurs du ralentissement de la croissance. On s'attend à ce que les dépenses gouvernementales continuent de stimuler la croissance au Canada, car de nombreuses provinces continuent d'avoir d'importants budgets de dépenses d'infrastructure. Les investissements des entreprises ont continué de se redresser en 2017 et devraient continuer d'augmenter en 2018, car les exportations vers les États‑Unis augmentent en raison d'une demande accrue de biens canadiens (même dans un contexte commercial incertain) et d'un dollar canadien attrayant. Les dépenses de consommation ont augmenté en 2017, mais elles ont été de plus en plus alourdies par l'endettement élevé et la lenteur de la croissance des salaires.

Au début 2016, les prix du pétrole et du gaz ont atteint leurs plus bas niveaux depuis plusieurs années, ce qui a été avantageux pour les consommateurs et les entreprises (des industries autres que l'industrie pétrolière), car les prix de l'énergie et du transport ont diminué. Après un creux atteint en 2016, le prix du pétrole n'a cessé de grimper jusqu'en 2017, terminant l'année en force. Avec un fort rebond en 2016, le gaz naturel a vu ses prix modérer en 2017, mais il a quand même terminé l'année à un niveau plus élevé qu'au début de 2016. Grâce à la remontée générale des prix de l'énergie, l'Alberta a connu une croissance de 6,7 % (la plus forte au pays) et les autres provinces de l'Ouest ont affiché une croissance similaire. Le débat politique sur les pipelines a continué d'être un sujet majeur en 2017 et en 2018; cette question aura d'importantes conséquences sur les marchés des investissements et des matières premières.

La Banque du Canada s'est dite préoccupée par la sensibilité de l'économie canadienne à la hausse des taux d'intérêt en raison du niveau élevé de l'endettement des ménages et de l'abordabilité des prêts hypothécaires. La Banque du Canada est demeurée prudente et a suivi l'exemple de la Réserve fédérale, laissant le taux d'intérêt directeur à 1,25 %. Toutefois, si l'économie continue de croître à des taux comparables aux prévisions économiques, la Banque n'aura pas d'autre choix que de continuer d'augmenter les taux afin d'éviter de pousser l'inflation au‑dessus de son niveau cible de 2 %. On s'attend à ce que la Banque maintienne le taux d'intérêt en suspens pour les prochains mois, mais il est probable que d'autres hausses de taux se produiront en 2018; on prévoit que le taux d'intérêt terminera l'année à 1,75 %.

En 2017, on a signalé que le Canada affichait la dette moyenne des ménages en pourcentage du PIB par habitant la plus élevée parmi les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Au Canada, le ratio de la dette des ménages par rapport au PIB s'élève à 101 %, tandis que dans les autres économies avancées, il se situe généralement bien en deçà de 80 %. La Banque du Canada a déclaré qu'il s'agit de l'une de ses plus grandes préoccupations pour l'avenir de l'économie canadienne; les niveaux d'endettement plus élevés sont attribuables à la dette des ménages sur le marché du crédit, ainsi qu'au maintien des prix élevés de l'immobilier dans les grands centres urbains (malgré les politiques gouvernementales qui tentent de ralentir la croissance effrénée des prix des logements).

Ontario : Tant à découvrir sur la croissance et l'incertitude

Comme le PIB de l'Ontario représente un peu moins de 40 % du PIB canadien total, le succès de l'économie de la province est important à la réussite du Canada. Selon les estimations générales des analystes, la croissance de l'Ontario a été de 2,6 % en 2017, et elle devrait être de 2,1 % en 2018 et de 1,8 % en 2019. L'économie de la province est soutenue par la demande intérieure, car les dépenses des ménages et les investissements résidentiels continuent de croître. Les exportations, en particulier celles liées à la fabrication, ont tiré parti de la faiblesse du dollar canadien et de la vigueur de l'économie américaine, et devraient être les principaux moteurs de la croissance en 2018. Le secteur de l'automobile a donné un sérieux coup de pouce à l'industrie de la fabrication en Ontario, puisque le Canada, à l'instar des États‑Unis, a atteint un volume de production et des ventes record en 2017.

À la fin 2017, la situation du marché du logement était très différente de ce qu'elle était une année plus tôt. Bien que le marché immobilier soit encore fort, l'activité de revente a fortement chuté après la mise en place du plan pour le logement équitable plus tôt en 2017. Même si l'activité a commencé à reprendre depuis ce temps, la hausse des taux d'intérêt, le resserrement des règles de prêt hypothécaire avec des « tests de tension » et l'augmentation de l'endettement des ménages atténueront les reventes de maisons par rapport aux années précédentes, car les marchés doivent s'adapter.

Les investissements dans l'infrastructure et les dépenses en immobilisations du gouvernement provincial continueront d'alimenter la croissance en Ontario. On s'attend à une augmentation des dépenses en immobilisations de tous les ordres de gouvernement en 2018. Les transports et le transport en commun recevront la majeure partie du financement pendant que le gouvernement provincial maintient une politique budgétaire de relance. Le gouvernement provincial a aussi récemment réduit les impôts des petites entreprises; toutefois, cela est perçu principalement comme une mesure défensive pour aider les entreprises à composer avec les fortes hausses du salaire minimum. L'augmentation du salaire minimum à 14 $ en janvier 2018 et à 15 $ en janvier 2019 aurait causé des difficultés aux petites entreprises, bien que les données officielles ne soient pas encore concluantes. Les partisans soutiennent qu'il n'y aura aucun effet sur la main‑d''uvre, tandis que les opposants prétendent que les pertes d'emplois pourraient atteindre 90 000. Les effets de ces mesures législatives ne se concrétiseront probablement pas tous en 2018, mais ils sont susceptibles d'avoir une incidence sur les décisions que les entreprises prendront tout au long de l'année au sujet de choix comme le passage au capital plutôt qu'au travail ' surtout que les lois sur le salaire minimum toucheront 22 % des travailleurs de l'Ontario.

PARTIE 2 : SITUATION DES MARCHÉS DU TRAVAIL RÉGIONAUX, PROVINCIAUX ET LOCAUX

L'emploi en Ontario a progressé en 2017 pour une huitième année consécutive. Le marché du travail provincial a affiché une augmentation de 128 400 emplois (+1,8 %) en 2017, les plus importants gains en quatre ans. Selon l'Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, l'emploi à temps plein (+106 100; +1,9 %) et l'emploi à temps partiel (+22 300; +1,7 %) ont tous deux contribué de façon marquée à la croissance. Les données liées à la rémunération des employés obtenues dans le cadre de l'Enquête sur l'emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) de Statistique Canada confirment aussi la croissance du marché du travail ontarien en 2017.

En plus de la croissance de l'emploi, le taux de chômage provincial a continué de chuter, passant à 6,0 % en 2017, par rapport à 6,5 % l'année précédente. Il s'agit du plus faible taux de chômage enregistré en Ontario depuis 2000; la province est finalement retournée aux taux de chômage d'avant la récession de la fin des années 2000. Toutefois, une baisse constante des taux de participation a été observée en Ontario, même si les chiffres sur la population active et l'emploi ont continué de croître dans la province.

À l'horizon 2018, l'économie provinciale pourrait connaître une certaine précarité en raison d'une diminution prévue des dépenses de consommation, des négociations commerciales en cours avec les États‑Unis, de la mise en 'uvre de la Tax Cuts and Jobs Act (qui renforce la compétitivité des États‑Unis), de la lente croissance des prix des métaux, de l'affaiblissement du marché provincial du logement et de l'incidence initiale de la hausse du salaire minimum sur les marchés du travail provinciaux. Bien que la faiblesse du dollar canadien et l'augmentation des exportations de services puissent être de bon augure pour l'Ontario, les incertitudes persistantes dans les échanges commerciaux avec les États‑Unis ainsi que les dépenses en capital et les investissements modérés devraient peser lourdement sur les exportations. Même si la construction résidentielle dans la province devrait ralentir en 2018, les investissements dans les grands projets d'infrastructure de génie civil feront progresser l'industrie provinciale de la construction. Les prévisionnistes s'attendent à ce que l'emploi en Ontario augmente d'environ 1,3 % et à ce que le chômage provincial se maintienne à environ 5,8 %.

Tableau 1: Données annuelles sur la population active de l'Ontario

Données non-désaisonnalisées

Année

2016 à 2017

2015 à 2016

2017

2016

2015

Nombre

%

Nombre

%

Population 15 + ('000)

11 684,8

11 523,4

11 385,6

161,4

1,4

137,8

1,2

Population active ('000)

7 579,8

7 489,5

7 426,1

90,3

1,2

63,4

0,9

Emploi ('000)

7 128,0

6 999,6

6 923,2

128,4

1,8

76,4

1,1

Temps plein ('000)

5 778,7

5 672,6

5 618,2

106,1

1,9

54,4

1,0

Temps partiel ('000)

1 349,3

1 327,0

1 305,0

22,3

1,7

22

1,7

Chômage ('000)

451,8

489,9

502,9

-38,1

-7,8

-13

-2,6

Taux de chômage (%)

4 105,0

4 033,9

3 959,5

71,1

-

74,4

-

Taux d’activité (%)

6,0

6,5

6,8

-0,5

-

-0,3

-

Taux d'emploi (%)

64,9

65

65,2

-0,1

-

-0,2

-

Remarque : Les totaux peuvent ne pas correspondre aux sommes indiquées en raison des arrondissements.

Source : Enquête sur la population active de Statistique Canada - Tableau CANSIM 282-0002

 

Tableau 1 : Données annuelles sur la population active, Ontario

 

Emploi et taux de chômage en Ontario
  2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Taux de chômage (%) 9,1 8,7 7,9 7,9 7,6 7,3 6,8
Emploi ('000s) 6 432,7 6 537,8 6 658,4 6 702,6 6 823,4 6 877,9 6 923,2
Source: Enquête sur la population active de Statistique Canada - CANSIM 282-0002

 

Emploi par industrie

Le Système de classification des industries de l'Amérique du Nord est une structure hiérarchique utilisée pour classer toutes les industries participant à l'économie canadienne. Ce système regroupe les entreprises et les organisations en fonction de leur principal secteur d'activité ou du type d'activité économique auquel elles participent. Toutes les industries font donc partie du secteur de la production de biens ou du secteur des services en fonction des ressemblances dans leur processus de production. Grâce à ce système, il est possible d'étudier les conditions d'emploi au sein des différentes industries de la province.

Tant dans le secteur de la production de biens que dans le secteur des services en Ontario, l'emploi a augmenté de 2016 à 2017. Le secteur des services a joué un rôle de premier plan grâce à un gain de 114 000 emplois au cours de l'année1. L'emploi dans ce secteur a augmenté depuis 2010. Les gains les plus importants ont été enregistrés dans le commerce de gros et de détail (+35 700), les services professionnels, scientifiques et techniques (+34 400), et les soins de santé et l'assistance sociale (+31 100). Par ailleurs, 14 500 emplois ont été créés dans le secteur de la production de biens. L'emploi dans le secteur de la production de biens a atteint un niveau record depuis 2008 grâce à des gains considérables au cours des trois dernières années. Dans le secteur, l'industrie de la fabrication a connu la plus forte augmentation (+17 900), suivie de celle de la construction (+8 800).

Des exploitations agricoles moins nombreuses mais plus grandes dans l'industrie agricole

En 2017, le nombre d'emplois dans l'industrie agricole en Ontario s'élevait à 68 5002. Le nombre d'exploitations agricoles a diminué dans la province, mais les exploitations sont plus grandes et ont une plus grande valeur3. La consolidation accrue des exploitations agricoles peut découler d'une plus grande utilisation de la technologie, d'une concurrence accrue et de changements structurels. Les agriculteurs continuent de recevoir des prix plus élevés pour les produits agricoles, mais le coût des intrants nécessaires au maintien et à la croissance des exploitations a également augmenté.

La plupart des exploitations agricoles de l'Ontario sont des exploitations oléagineuses et céréalières, des ranchs et des fermes d'élevage de bovins, ainsi que d'autres exploitations de cultures. De plus en plus d'agriculteurs délaissent l'élevage et la production laitière au profit d'une production basée sur les cultures. Bien qu'il y ait moins de fermes d'élevage, l'élevage de bovins compte le plus grand nombre d'employés, suivi par les autres cultures, et par la culture en serre et en pépinière, et la floriculture4.

L'Ontario est le centre de production en serre du pays; la province compte deux tiers de la superficie totale consacrée aux légumes de serre au Canada5. Les serres représentent une partie croissante de la base agricole et leur rôle pourrait s'accroître à mesure que certains producteurs ouvrent des installations de production de marijuana médicinale pour répondre à la demande du marché récréatif légal. Les préférences des consommateurs à l'égard des aliments produits localement, des options plus saines, des produits spécialisés et des aliments prêts à servir créeront des possibilités pour les agriculteurs.

Les agriculteurs locaux devraient tirer parti d'un marché d'exportation plus fort, car les États‑Unis sont la principale destination d'exportation des produits agricoles de l'Ontario. Les gains de productivité et la consolidation des exploitations agricoles modéreront probablement la croissance de l'emploi dans les années à venir. Malgré cela, les défis pour attirer et retenir la main‑d''uvre, surtout pendant les saisons de récolte de pointe, persisteront dans l'industrie agricole.

L'industrie de l'extraction des ressources (foresterie, pêche, mines, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz) continue de connaître des difficultés

Selon l'Enquête sur la population active, l'emploi dans l'industrie de l'extraction des ressources (foresterie, pêche, mines, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz) a chuté de 2,0 % de 2016 à 2017; le nombre d'emplois y est passé de 35 800 à 35 100.

En règle générale, les mouvements de l'emploi dans le sous‑secteur des mines, de l'exploitation en carrière, et de l'extraction de pétrole et de gaz réagissent à l'évolution des prix des métaux. Comme les prix mondiaux des métaux et les dépenses en immobilisations des mines et des carrières de l'Ontario ont diminué depuis 2011, l'emploi a stagné. Voici les mises à pied importantes qui ont eu lieu dans l'industrie minière en Ontario : fermeture par Vale Canada de la mine Stobie à Sudbury (230 employés sont touchés)6; fermeture par Goldcorp de la mine souterraine Dome à Timmins (140 employés sont touchés)7; et réduction progressive par De Beers des activités de la mine Victor Diamond près d'Attawapiskat (les activités cesseront complètement d'ici le début 2019; 350 employés et environ 150 entrepreneurs sont touchés)8.

Bien que les intentions d'exploration minière soient à la baisse depuis 2013, 2017 a connu un certain regain d'optimisme, car les sociétés minières se sont montrées plus disposées à investir dans l'exploration qu'en 20169. Néanmoins, à l'avenir, la croissance des prix des métaux (et, par conséquent, de l'emploi dans l'industrie) sera probablement limitée en 2018 en raison de l'instabilité politique, de l'instabilité de la demande du marché et de l'évolution des politiques monétaires.

En ce qui concerne l'emploi dans l'industrie forestière en Ontario, même si l'exploitation forestière continuera d'être soutenue par la construction et la rénovation de logements au Canada et aux États‑Unis, le différend commercial sur le bois d''uvre résineux avec les États‑Unis pourrait ralentir les exportations de bois d''uvre vers ce pays.

La sous‑industrie de l'extraction de pétrole et de gaz de l'Ontario est de petite taille, et l'effet des prix du pétrole sur l'emploi direct dans la province est minime. L'incidence de l'emploi dans la sous‑industrie de la pêche et de la chasse sur la situation de l'emploi dans l'industrie de l'extraction des ressources dans son ensemble est également négligeable en raison de la taille de cette sous‑industrie.

Les investissements dans l'énergie et l'infrastructure nucléaires seront les principaux moteurs de l'industrie des services publics

Le nombre d'emplois dans l'industrie des services publics en Ontario a diminué à 47 200 en 201710. Il y a eu un changement important dans les sources d'électricité utilisées dans la province au cours de la dernière décennie. L'énergie nucléaire et les énergies renouvelables comme l'eau, l'énergie solaire et l'énergie éolienne produisent la majeure partie de l'électricité, tandis que l'énergie fossile joue un rôle moins important. Les investissements dans la remise à neuf des réacteurs de la centrale nucléaire de Darlington et de la centrale nucléaire de Bruce permettront de maintenir l'énergie nucléaire à l'avant‑garde de l'industrie dans les années à venir.

D'après les projections de l'industrie, le réseau électrique de l'Ontario a une capacité suffisante pour répondre à la demande intérieure à court terme11. La consommation d'électricité est plutôt stable en Ontario depuis 2009. L'augmentation de la conservation, le passage à des industries moins énergivores et l'utilisation accrue des ressources énergétiques distribuées ont aidé à équilibrer la demande associée à la croissance démographique, à la densification des centres urbains et à la hausse de l'économie. En plus des investissements dans la production d'énergie, le vieillissement de l'infrastructure et la croissance démographique dans certaines régions justifieront la modernisation du réseau de transport et de distribution d'électricité. Cela créera des occasions pour les travailleurs de ce domaine de répondre aux besoins d'un réseau plus complexe qui comprend une plus grande variété de sources d'énergie.

On prévoit l'agrandissement du réseau de gaz naturel dans l'ensemble de la province. En janvier 2017, le gouvernement de l'Ontario a annoncé qu'il investirait 100 millions de dollars, dans le cadre de son Programme de subventions pour l'accès au gaz naturel, afin d'accroître l'accès des collectivités grâce à de nouveaux pipelines et à de nouvelles infrastructures12. Cette initiative ciblera principalement les régions rurales, les collectivités des Premières Nations et les projets qui appuient la croissance des activités pour les grands utilisateurs finaux. Les infrastructures d'approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées profiteront également d'un financement accru des gouvernements fédéral et provincial dans le cadre du Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées13.

Les investissements dans l'infrastructure orienteront les activités de construction en Ontario

Pour la huitième année consécutive, le nombre d'emplois dans l'industrie de la construction a augmenté, atteignant 512 500 en 201714. Les investissements dans l'infrastructure, comme l'électricité et le transport en commun, stimuleront les activités de construction dans la province. La construction commerciale restera probablement stable et une hausse dans le secteur industriel pourrait se profiler à l'horizon. Même si la construction résidentielle pourrait connaître une baisse en 2018, l'activité restera assez soutenue dans les grands centres urbains et sur le marché de la rénovation.

La valeur totale des permis de construire délivrés a augmenté au cours des 4 dernières années et a atteint 39,1 milliards de dollars en Ontario en 201715. Des gains ont été enregistrés dans la construction résidentielle et non résidentielle. Les dépenses en immobilisations pour la construction non résidentielle (sans compter les réparations) ont atteint près de 39 milliards de dollars dans la province en 201716. Parmi les projets de plus grande envergure, mentionnons les activités de réfection des centrales nucléaires; les projets de train léger sur rail à Toronto, Ottawa et Hamilton; les investissements dans l'industrie de la fabrication à Sarnia, Sudbury et Kingston; les travaux sur les routes et les ponts à Windsor, Kitchener et dans le Nord de l'Ontario; et les améliorations pluriannuelles apportées aux écoles et aux hôpitaux dans l'ensemble de la province. La plaque tournante de la technologie est en pleine expansion à Toronto, et cela se traduit par des taux d'inoccupation de plus en plus faibles (niveau record) dans les immeubles commerciaux. La hausse des taux d'intérêt, les mesures stratégiques comme le Plan de l'Ontario pour le logement équitable et les règles plus strictes en matière de prêts hypothécaires atténueront le rythme vigoureux observé sur le marché résidentiel au cours des dernières années. La valeur des permis de construire pour les logements multifamiliaux a augmenté plus rapidement que pour les structures unifamiliales en 2017. Cette tendance pourrait se poursuivre en raison de la demande continue pour des projets immobiliers de grande hauteur comme des condominiums, des immeubles locatifs et des résidences pour aînés. L'évolution de la composition de l'offre peut découler en partie de la mise à rude épreuve de l'abordabilité et des contraintes foncières dans des villes comme Toronto. Le nombre total de mises en chantier a augmenté en 2017, mais il diminuera probablement au cours de l'année à venir17. Toutefois, plusieurs ensembles résidentiels en voie de réalisation et la demande continue de travaux de rénovation contribueront à soutenir l'emploi dans l'industrie de la construction en Ontario.

L'activité de construction soutenue et le nombre élevé de départs à la retraite exerceront des pressions sur la main‑d''uvre de l'industrie. Le démarrage de plusieurs grands projets dans le cadre desquels des centaines de travailleurs seront affectés au chantier étirera pratiquement au maximum le bassin de main‑d''uvre, ce qui entraînera une augmentation de la demande de main‑d''uvre à court terme.

L'intensification de l'activité dans l'industrie de la fabrication y a stimulé la croissance de l'emploi malgré l'incertitude commerciale

Le nombre d'emplois a augmenté de 17 900 dans l'industrie de la fabrication provinciale en 2017. Une légère baisse de l'emploi au troisième trimestre a été compensée par une forte croissance enregistrée pendant le reste de l'année. Toutefois, d'autres indicateurs du marché du travail montrent que les conditions sont contrastées à l'échelle de l'industrie de la fabrication en Ontario. L'indice des directeurs d'achats du secteur de la fabrication de Markit Canada a été en mode expansion pendant toute l'année18. De plus, les ventes de produits fabriqués ont augmenté pour la quatrième année consécutive, mais la valeur des exportations de produits fabriqués a diminué de 2,8 % en 201719.

La fabrication de véhicules automobiles a enregistré l'une des plus fortes hausses de l'emploi au sein de l'industrie, les ventes de véhicules légers ayant continué d'augmenter au Canada grâce à la popularité des véhicules utilitaires sport et des camions légers. Toutefois, l'optimisme est tempéré par le déclin de la production dans les installations canadiennes à la suite du niveau élevé enregistré en 2016. Pour l'avenir, les investissements récemment annoncés par certains des principaux constructeurs automobiles devraient continuer à maintenir les niveaux de production et à soutenir les travaux d'assemblage à court terme. Un autre secteur qui s'est bien comporté est celui de la fabrication de produits alimentaires, où les ventes totales ont augmenté de plus de 5,2 % en 2017. De nouvelles installations, chaînes de productions et entreprises fondées localement ont contrebalancé les fermetures et les consolidations de quelques grandes multinationales. La fabrication de produits chimiques a également été forte en 2017, en partie en raison de la croissance de l'emploi dans la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments. L'emploi dans l'industrie de la transformation des produits du bois a également augmenté, malgré les incertitudes et les droits de douane supplémentaires imposés aux exportateurs en raison de l'expiration de l'Accord sur le bois d''uvre résineux. Bien que la demande de bois d''uvre canadien soit demeurée forte20, les fabricants dépendront probablement davantage des ventes intérieures à l'avenir. En outre, les fabricants de meubles et certains fabricants de biens liés à la construction ont eu plus de travail grâce à la vigueur des activités de construction.

Les pertes d'emploi survenues au cours de la dernière année dans toutes les sous-industries de la fabrication ont été relativement faibles. La fabrication de machines a enregistré une baisse de 1,0 % de l'emploi, renversant une tendance de croissance sur 2 ans. La fabrication de matériel électrique, d'appareils ménagers et de composants a également connu des baisses modestes de l'emploi. La fermeture prévue d'un important fabricant de moteurs à Peterborough ajoutera probablement à ces pertes. Les producteurs de métaux de la province ont eux aussi eu une année inégale. Plusieurs transformateurs de métaux et ateliers d'usinage et outillage ont augmenté leurs activités en raison de la hausse de la demande de produits industriels métalliques. Pendant ce temps, certains producteurs d'acier ont connu des moments d'incertitude avec des mises à pied et des plans de restructuration. Une croissance économique plus forte aux États‑Unis et la dévaluation du dollar canadien devraient soutenir une meilleure conjoncture au sein de l'industrie de la fabrication à court terme. Ce climat favorable pourrait aider les producteurs à mieux faire face à la concurrence mondiale et aux contraintes de capacité, et à effectuer la transition vers une plus grande utilisation de la technologie et un recours accru à des travailleurs spécialisés. Un facteur qui est actuellement à l'avant-plan est la poursuite des négociations commerciales avec les États‑Unis. Les fabricants et les intervenants de l'industrie devront se tenir prêts à recevoir des nouvelles sur les changements possibles à l'ALENA, compte tenu des répercussions importantes de celui‑ci sur l'industrie automobile; ils devront également rester à l'affût de tout tarif supplémentaire appliqué à des produits de base clés.

La situation de l'emploi dans le commerce de gros se détériore malgré l'augmentation des ventes

Après une stagnation de la croissance de l'emploi en 2016, le nombre d'emplois dans l'industrie du commerce de gros a diminué de 16 200 en 201721. Les pertes ont été causées par une baisse du travail à temps plein (-14 300) et à temps partiel (-1 900). Toutefois, l'industrie compte toujours un taux d'emploi à temps plein beaucoup plus élevé que la moyenne des industries en Ontario.

D'autres indicateurs de l'emploi montrent une croissance modérée mais positive dans le commerce de gros22. Au sein de l'industrie, toute augmentation de l'emploi est attribuable aux segments des produits pharmaceutiques, des articles de toilette, des cosmétiques et des articles divers, ainsi que des articles personnels et ménagers. Les ventes de produits pharmaceutiques n'ont connu qu'une croissance modérée en 2017, tandis que les autres articles ont vu leurs ventes diminuer23. Les marchands de machines, d'équipement et de fournitures ont également connu une certaine croissance de l'emploi; leurs ventes réalisées de décembre 2016 à décembre 2017 ont représenté près de 50 % de l'ensemble du commerce de gros. Bien que le matériel et les fournitures informatiques et de communication représentent moins d'un dixième de l'emploi total dans l'industrie du commerce de gros, les ventes dans la sous‑industrie ont représenté près du quart de la croissance des ventes dans l'industrie de décembre 2016 à décembre 2017.

Près de 30 % des travailleurs de l'industrie du commerce de gros en Ontario sont employés dans la sous‑industrie des machines, de l'équipement et des fournitures. Au fur et à mesure que l'emploi a augmenté au cours de l'année pour les grossistes en machines24, il en a été de même pour les ventes de machines par les fabricants25. Cela est probablement attribuable à l'augmentation des investissements nationaux en machines et en équipement tout au long de 201726.

Même si les ventes de gros de véhicules automobiles se sont bien comportées en 201627, l'emploi a chuté en 2017 dans le segment des véhicules automobiles et de leurs pièces, malgré la forte croissance des ventes. Toutefois, le nouveau segment des pièces de véhicules automobiles a connu une baisse de l'emploi et une diminution des ventes28.

Le plus grand bouleversement dans l'industrie est survenu dans le segment du commerce de gros des aliments, où l'emploi a stagné et les ventes ont chuté de façon dramatique. Le coût des aliments a toujours été conforme au taux d'inflation, mais cela a changé vers 200829, lorsqu

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